Logothérapie et Droits de l’Homme

 

"Être homme c’est toujours déjà se dépasser soi-même et cette transcendance de soi-même est l’essence de l’existence humaine." Viktor Frankl


        Bloqué dans la gare ferroviaire d’une grande ville de France, après une dédicace de mon livre(1), parce que j’ai raté mon train et que j’attends le suivant, je me réfugie dans une salle d’attente chauffée et aménagée pour que l’on puisse y travailler en branchant l’ordinateur. Et là, sur un mur de cette salle, je découvre, écrits blanc sur bleu, les Droits de l’Homme. Comme je suis très sensible à ce thème, je les parcours, et m’aperçois qu’en fait il est utile de me rafraîchir la mémoire. La plupart de ces droits me sont devenus tellement intériorisés et banalisés par la société, qu’il y a quelque chose de bizarre à les rappeler.
        Au retour chez moi, le long du chemin, je suis bloqué par la manifestation des Gilets jaunes. Bien que je ne roule pas sur l’or mais dans une voiture moyenne diesel, et que je me sente très concerné par le réchauffement climatique et l’évolution de la planète, je suis d’abord quelque peu agacé. Réclamer l’abrogation d’une taxe sur les carburants me paraît utile pour mon porte-monnaie individuel. Mais bloquer le pays en entraînant de gros désagréments pour les plus simples des conducteurs, me paraît excessif. La méthode et le ton employé me questionnent du côté du sens.
        Avec le recul, ces deux événements entrent en résonance. Que s’est-il donc passé dans la société française, ces derniers mois ? La frustration de consommation clamée avec véhémence sinon violence, sur les ronds-points, suffit-elle comme sens pour créer ce chaos ? Ces personnes, dans ces gilets jaunes, que j’ai rencontrées en d’autres circonstances, dans mon travail pour l’insertion professionnelle et sociale éprouvaient, à cette époque,  une honte à détailler leurs incapacités et étaler leur désespoir. Elles regardaient de loin, avec un œil admiratif en même temps que sceptique et envieux, les "nantis" bien habillés qui pouvaient, sans aucune gêne, comparer les mérites de telle ou telle table gastronomique où ils avaient coutume de festoyer.
        Et voilà que sur les ronds-points, sur les réseaux sociaux et à la télévision, leurs paroles libérées se faisaient revendicatives, hargneuses, insultantes même pour tous ceux qui représentaient les institutions en charge de la vie courante. Et cette véhémence leur procurait visiblement un sentiment de fierté. Fierté d’autant plus vive que des manœuvres diverses de ces institutions tendaient à calmer le jeu et restaurer ce qu’il est convenu d’appeler "l’ordre social".
        Que se cachait-t-il derrière cette frustration de consommation et cette exigence de reconnaissance ? Dans une perspective logothérapeutique, philosophie qui nourrit ma pensée et mon action depuis plusieurs années, j’y vois une frustration existentielle, la frustration du besoin de sens. Elle comporte plusieurs aspects que je souhaite vous présenter.
        Derrière la révolte, je vois un désir de sens. Dans le constat que les mesures annoncées tardivement par le Président de la République ne suffisent pas à calmer le jeu, je vois, bien sûr, la question du sens du travail et l’aspiration légitime à un monde plus juste et plus fraternel.  J’interprète le passage à l’acte comme le réveil d’une volonté de sens, de la part de ces personnes trop longtemps assimilées à des pourcentages de catégories qui font une sociologie et une politique… pourcentage de votants dans la population, pourcentage de bénéficiaires des minima sociaux, de chômeurs des différentes catégories, de populations sous le seuil de pauvreté, de non imposable, de pensionnés sous la barre des 1200 euros, etc… un égrenage de catégories socio-économiques manipulables, un tableau sans âme d’où l’humain a disparu. Et je pense que c’est de cela que souffre une grande partie des citoyens.
        Le vide existentiel généré par la société de consommation dont les bénéfices sont accaparés pour leur jouissance par une part restreinte des concitoyens, n’est pas comblé par l’annonce d’un pouvoir d’achat amélioré. La revendication profonde c’est se sentir exister en tant qu’individu, reconnu en tant que personne unique disposant, pour peu qu’il se libère, du pouvoir de défi de l’esprit, lequel peut, si les circonstances sont tant soit peu favorables, le tirer vers une élévation intérieure. Elle est habituellement dévoyée dans les chemins du pouvoir, de l’affirmation de soi en tant que possédant, de la fierté de soi en tant que dominant, d’une jouissance triviale qui laisse hébété. L’illusion maléfique dans notre société est de faire passer l’exigence matérialiste comme justification d’un désir d’accomplissement. Cet accomplissement est, en réalité, intérieur et noétique(2). C’est, en prenant un peu de hauteur, ce que ces crises peuvent nous révéler. C’est ce que les Droits de l’Homme, dans leur universalité, c’est-à-dire dans leur "tension vers" quelque chose qui concerne toute humanité, cherchaient à formuler. Ils sont apparus en 1789, et l’on ne peut nier quelle "Terreur" a suscité la Révolution Française et celles qui s’en sont inspirées de par le monde, au nom de ces principes de libération de l’homme.
        À la recherche de "la loi naturelle" qui exprime ce à quoi a droit d’aspirer tout être humain, les penseurs des Droits de l’Homme ont axé leur formulation sur les conditions de vie. Peut-être qu’à l’aube de la civilisation industrielle, ils n’ont pas pu lever les yeux suffisamment haut pour pouvoir écrire : "Article numéro un : Tout homme est invité par la vie à trouver le sens qu’elle lui propose à chaque instant". Et, s’ils ne s’étaient laissés limiter par les conditions de l’histoire à exiger des droits, ils auraient pu ajouter un devoir fondamental : "Ceux qui prennent la responsabilité de conduire les autres vers le sentiment d’accomplissement ont le devoir de rechercher ardemment dans leur propre existence et dans les réalisations sociales qui s’imposent, une plénitude de sens qui honore la vie". Que de sang et de larmes eussent été épargnés !
        Pour ne pas se laisser piéger par la primauté de la technique sur la conscience, qui pose la question de la transformation des désirs en droit, une telle formulation ouvrirait une possibilité d’aller vers la transcendance, comprise comme la projection intentionnelle de la conscience vers le dépassement de soi et des conditionnements. Conçue dans la perspective de la liberté indissolublement liée à la responsabilité, elle ouvrirait à une incarnation du sens, dans les actes concrets de l’homme, conscient de la part qu’il a à prendre dans l’accomplissement de sa vie et dans la responsabilité collective planétaire qui s’imposerait comme un devoir au niveau de l’humanité.
        Les conséquences dans le devenir de nos sociétés pourraient ouvrir de nouvelles possibilités pour chaque être humain.
       Dans le monde francophone, la logothérapie a concerné jusqu’ici(3) surtout la psychothérapie à laquelle elle donne une anthropologie humaniste et une pratique orientée vers le sens et les valeurs, qui va jusqu’à la relation transnoétique(4), acte thérapeutique par excellence. Elle inspire des praticiens du coaching, du travail social, de la formation et de l’insertion professionnelle, de la pédagogie des adultes, de l’accompagnement des personnes, notamment dans la fin de la vie, les problèmes de couple, la guidance parentale, ainsi que des éducateurs et des arts thérapeutes. Dans la psychiatrie, elle éclaire la "liberté à consentir" évaluée chez le patient. Elle pourrait contribuer au rétablissement post traumatique et à la médiation pair-aidance. Au Rwanda, elle aide à  la réhabilitation post génocide et à Haïti(5), elle soutient le courage de revivre.
      En résonance avec les Droits de l’Homme, la logothérapie permet d’éclairer les grands défis qui bouleversent l’actualité de notre société.
      Le phénomène des migrants incite à définir la démocratie comme une autolimitation des peuples au risque de l’émergence de totalitarismes. La logothérapie se positionne clairement contre le totalitarisme en même temps que contre le conformisme. Elle appelle donc à une appréciation à laquelle  chaque humain concerné est invité, pour sa part, à un effort de conscience.
Face aux traumatismes qui se vivent dans de nombreux pays, à l’instar de l’Europe à l’époque nazie et plus récemment du Rwanda, la logothérapie invite à trouver le sens dans la direction d’une humanité unie qui évolue pour honorer la vie.
      Le transhumanisme qui fascine tant la société occidentale, à partir d’un ultra individualisme est questionné par le sens. En vue de quel devenir s’élabore la GPA qui utilise le corps de l’autre pour produire de l’humain "à façon(6)" ? Dans quel but fabriquer une humanité "augmentée" par la technologie, l’ingénierie  génétique, dont le pouvoir peut être multiplié par l’intelligence artificielle ? Au-delà des thérapies innovantes, la conception que l’homme se fait de lui-même sera-t-elle conditionnée par l’eugénisme ? Saura-t-il garder le sens  du lien humain, et de la vie, dans sa finitude naturelle ?
      Viktor Frankl répond "À plus longue échéance, je flaire encore un autre danger : la corruption de l’homme par l’automation". "Cette croissance de l’automation (…) risque d’influencer, et donc de menacer, la façon dont l’homme se comprend lui-même. L’homme pourrait, en effet, être tenté de se mésestimer lui-même en se comparant aux machines à calculer et aux ordinateurs(7)". Nous savons aujourd’hui qu’il pourrait être tenté par la toute-puissance démiurgique, sans conscience.
        Le terrorisme, quel qu’il soit, est pleinement réprouvé dans cette vision du sens de la vie, qui va jusqu’à proclamer comme valeur la plus haute, le pouvoir de mourir dans la dignité, quand tout ce qui est possible a été fait pour préserver la vie.
      L’exploitation commerciale,  financière et politique "de corps et d’âmes d’hommes" est clairement réprouvée par Viktor Frankl : "Car la dignité de l’homme lui interdit d’être lui-même un moyen, de devenir un simple instrument du processus de travail, d’être dégradé jusqu’à devenir un moyen de production". A plus forte raison une marionnette du pouvoir, ou un objet à jouir ou de la chair à canon !
        L’homme, qui a "toujours déjà un monde", son monde à lui (Mittwelt) inclut dans l’univers (Umwelt) est invité à une vision cosmique du devenir de la terre où l’action individuelle de chaque être humain participe à une responsabilité planétaire non seulement politique mais écologique "Il n’y a pas de culpabilité collective (…), mais il existe une responsabilité planétaire qui englobe toute l’humanité" Viktor Frankl, 23 octobre 1946.
Suffit-il, pour qu’une existence humaine ait une signification valable, de la consacrer au développement personnel ? La réponse de Viktor Frankl est claire : "Si tant est que l’accomplissement et la réalisation de soi-même ont leur place dans une vie humaine, ils ne peuvent être atteints que per effectum, non per intentionem. C’est seulement dans la mesure où nous nous livrons, nous donnons, nous mettons à la merci du monde, des tâches et des exigences qui à partir de lui nous interpellent dans notre vie, dans la mesure où ce qui compte pour nous c’est le monde extérieur et ses objets, et non pas nous-mêmes ou nos propres besoins, dans la mesure où nous accomplissons des tâches et répondons à des exigences, dans la mesure où nous réalisons une signification et des valeurs, c’est dans cette mesure seulement que nous nous accomplirons et réaliserons également nous-mêmes, comme par surcroît(8)". La vocation d’un logothérapeute, et avec lui de tout être qui prend conscience qu’il est humain, est indiquée. À chacun de choisir de répondre à cet appel de la vie, en responsabilité.
        Ces quelques considérations, inspirées de la logothérapie confrontée aux Droits de l’Homme, montrent qu’elle a affaire à l’homme souffrant non seulement dans son psychisme, mais aussi dans ses problématiques existentielles intimes et sociales, dans le devenir de l’humanité et du cosmos. En conséquence des Droits de l’Homme, elle renforce l’individu dans sa responsabilité existentielle et lui indique des devoirs contre ce qui fait violence à l’être humain. C’est une dimension essentielle du sens en vue du bonheur d’être.

 

Valentin HUSSER, logothérapeute, membre du CA de l’ALF

18 décembre 2018

 

Notes

1     Valentin Husser, Savoir Devenir, Libérez-vous du piège de l’échec, Editions Sydney Laurent, 2018
2     Noétique, terme choisi par Viktor Frankl pour désigner le spirituel non confessionnel
3     La logothérapie dans un monde en mutation, collectif d’auteurs sous la direction de Christian Merle, éditions ALF
4     Rolf Kühn, in Logothérapie et phénoménologie, Editions l’Harmattan, 2015 et son article sur l’Acte thérapeutique sur le site de l’ALF.
5     Herold Toussaint, Le courage d’habiter Haïti au XXIe siècle, Publié le 17/07/2018, Ed. Le Nouvelliste
6     Benoît Bayle, A la poursuite de l’enfant parfait, Ed. Robert Lafont 2010
7     Viktor Frankl, La psychothérapie et son image de l’homme, Ed. Centurion Resma, 1970
8     Viktor Frankl, La psychothérapie et son image de l’homme, Ed. Centurion Resma, 1970


Une intense année de logothérapie

 

       J’entre dans ma dixième année de logothérapie – formation, certification, mémoires "Déjouer la peur de réussir" et "Apport de la logothérapie dans mon expérience de supervision en médicosocial", plusieurs articles dont certains publiés sur ce site, 3 missions au Rwanda en équipe et en collaboration avec les logothérapeutes rwandais. Quelle mission m’a confié la Vie dans cette première partie de 2018 ?

 

ACP Atelier de croissance personnelle Strasbourg

       Les 23 février et 17 – 18 mars 2018 ont eu lieu la conférence et le séminaire de 2 jours, "Trouver le sens dans votre existence", présentés sur ce site. Organisé par l’ACP Atelier de Croissance Personnelle - un millier de contacts sur Strasbourg et un programme dense et bien suivi, ce cycle a réuni une cinquantaine de personne à la conférence et 13 aux 2 jours d’atelier.

       Une "très belle conférence" appelant vers  ce qui est profondément humain en nous, selon les organisateurs et un atelier où les participants ont pu aller loin dans leur prise de conscience existentielle et le traitement de leur problème. Ainsi que plusieurs le mentionnent dans leur évaluation, ils ont bien intégré que la logothérapie n’est pas un "outil" que l’on peut s’approprier en 2 jours et quelques lectures, mais un regard sur soi, l’homme et le monde,  au travers duquel la Vie pose une question personnelle à chacun en tant qu’être unique, dans la situation concrète. Il s’agit de se laisser travailler par cette question, sous l’angle des valeurs et du sens et d’y apporter une réponse en responsabilité.

       Cette conférence faisait suite à l’intervention demandée par la Commission de rencontre avec les spiritualités d’aujourd’hui, au colloque strasbourgeois du  21 avril 2017 sur l’intériorité. Ce thème a été traité par un psychologue clinicien, une sœur de charité, un animateur Mindfullness et moi-même en tant que logothérapeute. 75 personnes y ont participé, dont 35 ont suivi l’atelier de logothérapie. Plusieurs participants du colloque d’avril 2017 sont venus à la conférence de 2018. Egalement des demandeurs d’emploi séniors et nouveaux salariés issus des groupes de Strasbourg ainsi que des responsables institutionnels, mes partenaires professionnels. Ils ont beaucoup apprécié. Le message est reçu !

       Des suites sont demandées, qui montreront ce que l’expérience des thérapeutes du Rwanda dans la réconciliation post-génocide apporte sur le chemin du pardon.

 

Communauté des chrétiens Colmar

       La Communauté des chrétiens de Colmar m’a invité dans son nouveau local Rue Saint Gilles à donner une conférence vendredi 20 avril soir, suivie d’un atelier samedi 21 avril 2018 matin.

       Dans le cadre d’une série de conférences dont le thème central était « revivifier le quotidien », la logothérapie a été choisie parce que, orientée vers le Logos, elle réhabilite la dimension noétique dans son anthropologie et sa pratique.

       Après avoir posé les principaux repères de la vie et des idées de Viktor Frankl, et demandé au pianiste de nous jouer un air de tango pour sentir qui était Viktor Frankl, j’ai insisté sur le changement de regard qu’apporte la dimension noétique, dans la théorie et aussi dans la pratique de l’accompagnement logothérapeutique des personnes en souffrance. Avec un auditoire passionné et exigeant, j’ai pu aller jusqu’à la "métaphysique du quotidien" dont se fait l’écho Elisabeth Lukas dans "Logothérapie, Théorie et pratique".

       Je me suis appuyé aussi sur des passages de "L’homme souffrant" où Viktor Frankl situe la mission du thérapeute par rapport au médecin et au prêtre. Cet apport s’intégrait bien dans la progression de ces conférences, dont la première, le vendredi précédent, traitai du médecin, et la troisième, le vendredi suivant, du prêtre selon l’anthropologie anthroposophique. Nous avons, Claudia Storckmann et moi-même, pris bien soin de préciser la différence et les contiguïtés entre la pensée de Rudolf Steiner et celle de Viktor Frankl, autour de la guérison. Ce thème sera mis en travail en relation avec la  Société anthroposophique et proposé dans le groupe de Muntzenheim.

       40 personnes, dont une dizaine de participants inhabituels, ont assisté à la conférence. Parmi eux, j’ai eu la bonne surprise de compter plusieurs demandeurs d’emploi et formatrice issus des actions d’accompagnement professionnels des séniors. La graine semée germe !

       15 personnes ont consacré le samedi matin à l’atelier où nous avons approfondi différentes notions issues des questions des participants. Je me suis appuyé aussi sur l’étoile du sens que je présente dans mon livre "Savoir devenir – Libérez-vous du piège de l’échec - Guide pour réussir sa vie personnelle et professionnelle" maintenant disponible aux Editions Sydney Laurent.

       Ce fut un beau moment pour moi et aussi pour les participants. Plusieurs d’entre eux m’ont demandé un accompagnement. J’avais parlé du travail de réconciliation au Rwanda, à propos de la dimension noétique qui permet de transcender les blessures et fixations égotiques. Une suite sur ce thème est également en gestation.

 

Conclusion

       Au-delà des accompagnements individuels qui se multiplient, je ne peux que constater le succès de ces conférences et ateliers, auxquels il faut ajouter le congrès national de la Fondation OCH Office Chrétien des Handicapés à Dinard début 2017. Le thème était "Etre acteur de sa vie", "Comment la logothérapie peut aider à devenir acteur de sa vie". Ce fut un moment fort également, assumé avec Martine Salleron, qui prouve que le message de la logothérapie est vivant et réponds aux problématiques de notre temps. Il en est de même dans l’activité de mes collègues logothérapeutes.

       Je reçois ce résultat aussi comme une question que la vie me pose dans cette période de décroissance de mon activité professionnelle traditionnelle : Que faire de l’expérience et de la "sagesse" accumulées durant ces années superactives ? Qui en a besoin ? A quoi vas-tu choisir de consacrer la période de vie qui s’ouvre ? Ecoutons la vie !!! A suivre….

 

Valentin Husser
Membre du CA de l’A.L.F.
17 juin 2018


Ajout Mai 2018
Au Rwanda depuis le 6 avril se déroulent les commémorations du génocide contre les Tutsi de 1994...

 

Le sens d’une commémoration

 

En soutien au peuple rwandais et à nos amis rwandais, logothérapeutes et membres de l’A.L.F., durant les commémorations du génocide contre les tutsi, qui a lieu au Rwanda depuis le 6 avril et se déroule dans les différents lieux aux dates des évènements de 1994, jusqu’à la fête de la libération le 4 juillet.
Selon nos correspondants, thérapeutes rwandais qui accompagnent leurs compatriotes dans ce vécu particulier, le sens de la commémoration cette année, c’est la réhabilitation.

 

« Nous devons nous rendre compte de ce qui a été vécu. Cela fait partie de notre fragilité. Il est important de voir notre fragilité, pour entrer dans la vie autrement.
Sentir la douleur de tout ce qu’il y a à vivre, toute la vie.
Ce n’est pas seulement douloureux, c’est une révélation. La commémoration est un moment méditatif. Un moment de foi. Cela nous amène à prendre des résolutions, appeler un avenir sans cette violence, prendre position devant la vie.
La commémoration amène à guérir du désir de vengeance. Porter ensemble le passé permet de choisir ensemble l’avenir. »


La pensée de Viktor Frankl nous ouvre un prolongement en direction du sens d’une commémoration.


L’homme est en devenir.


« L’homme est le fils de son passé, et il est le père de son futur » écrit Viktor Frankl.


En effet, à tout instant, par le pouvoir de défi de l’esprit, l’humain a la possibilité de décider « de ce qu’il sera l’instant suivant » nous dit Frankl.


Quand JE décide de mon positionnement par rapport à ce qui me sollicite, qui vient du monde qui m’environne, j’actualise une des possibilités présentes dans l’existence. Et je suis responsable de le faire. Si je m’abstiens de prendre position, je prends de fait position passivement devant ce qui advient.


Car, l’avenir, à-venir, est déjà là dans les possibles de la situation présente.


Dans l’homme souffrant page 137 Viktor Frankl écrit :
« Ce qui est nécessaire, c‘est le respect du passé. Ce n’est pas l’avenir : non, c’est le passé qui est inexorable. Car l’avenir, notre avenir, se trouve pour une bonne part, avant notre décision, et nous en sommes responsable. Nous sommes responsable, devant le passé (impossible à fuir) pour l’avenir- qui doit être décidé ».


Le respect du passé entraine peur et défi.


« La peur concerne ce qui est abrité dans le futur ; mais le défi sait ce qui est abrité dans le passé ».
La peur, réaction émotionnelle, doit être transcendée par l’attitude de défi, qui est un geste noétique. L’homme est responsable de ce qu’il provoque et de ce à quoi il renonce. Toutes les possibilités sont présentes dans l’instant : celles qui vont être actualisées et celles qui ne le seront pas.


C’est une illustration de l’optimisme tragique : sachant toutes les horreurs, limites, fautes… dans le passé, malgré tout, chercher les meilleures possibilités dans l’avenir et les actualiser. C’est dans ce sens qu’il n’y a pas de déterminisme : ce qui a eu lieu a laissé non accompli ce qui a été rejeté ou délaissé inconsciemment, cela reste donc disponible pour l’avenir ; disponible non de façon obligatoire, mais de façon facultative, soumis à notre choix personnel.


Puisse la prise de conscience de cette dimension de notre existence nous donner le courage d’avancer.


Valentin Husser
Membre du CA de l’A.L.F.
30 avril 2018


ajout Fev 2018

A LIRE...

... dans le le Journal des Psychologues de février 2018, le dossier principal : "Le concept de sens en psychologie".

V. Frankl et la logothérapie y sont cités plusieurs fois, dans les articles et la bibliographie. L'article  sur Psychothérapies et sens de la vie consacre par exemple près d'une double page à la logotherapie.

Signalé par N. Haberman


Ajout Sep 2017

L'acte thérapeutique

 

par Rolf Kühn, professeur de philosophie aux universités de Vienne, Beyrouth, Nice, Lisbonne et Louvain-la-Neuve, directeur du "Centre de recherche actuelle sur la philosophie française de religion" à Fribourg-en-Brisgau et du "Forschungskreis Lebensphänomenologie" , formateur et superviseur en analyse existentielle.

 

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Ajout Dec 2016

Voeux pour 2017

 

En ce temps de fêtes, marqué par l’attentat de Berlin, qui fait écho aux douleurs de notre temps, l’ALF exprime sa solidarité avec les Berlinois et avec tous les peuples attaqués dans leur chair et leurs valeurs.

Nous tenons à dire à chaque humain qui souffre, notre écoute, notre compassion et notre conscience attentive. Au-delà des considérations politiques qui mobilisent l’attention, c’est le sens que nous cherchons à la vie qui est questionné.Quelle est la source intérieure de cette violence que les êtres humains portent en eux et que certains font exploser ainsi contre d’autres humains ? Comment reconnaitre, « toucher » et transformer ce mal-en-soi sous toutes ses formes ?

 

Comment s’auto-transcender pour aller vers plus d’humanité ?

Quelle position intérieure garder, en conscience, face à ces forces destructrices ?

Quelle lumière porter haut pour illuminer ces jours obscurs ?

 

J’écoute attentivement les commentaires et réactions qui se multiplient à chaque fois qu’un tel évènement rompt le bien-être auquel aspirent tellement nos concitoyens. Face aux cris de haine qui fusent, les mots d’ordre les plus relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux sont « résister », « affirmer nos valeurs », « vivre nos traditions séculaires, malgré tout », « ne rien lâcher sur l’ouverture à l’autre »… réminiscences de principes actifs dans l’histoire de l’humanité.

J’y entends l’écho du Pouvoir de défi de l’esprit, le Trozmacht des Geistes de Viktor Frankl, qui se réveille en chacun, appelant l’espoir de plus d’humanité.

 

A nous logothérapeutes d’accompagner cet espoir, de faire notre part pour soulager les humains souffrants, et que de leur souffrance ils puissent faire quelque chose de « bien ».

Puissions-nous, vous et moi, chacun dans sa situation concrète, goûter avec reconnaissance les joies que nous offre la vie, exercer nos talents pour que notre monde soit plus beau et plus humain, et « porter » dignement la souffrance inéluctable de notre condition humaine.

 

Je vous souhaite une nouvelle année pleine de sens.

 

Valentin Husser , Vice-président de l’ALF

Décembre 2016

Dialoguons


Trouver le sens, donner du sens... Quelle est la spécificité de la logothérapie ?

  

Par Valentin HUSSER, Consultant, psychologue et logothérapeute accrédité RdL©

Novembre 2015

 

 

Au-delà du débat d'experts, il y a derrière ce thème un enjeu fort dans l'accompagnement logothérapeutique.

La quête de sens est un besoin de plus en plus pressant dans notre société occidentale, et, au-delà, dans toute société humaine où des violences ont déstabilisé les valeurs et brouillé les repères...

 

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La méthode de l'intention paradoxale
développée par Viktor Frankl

 

Par Benoît BAYLE, Psychiatre hospitalier et docteur en philosophie.

 

Parmi les méthodes développées par Viktor Frankl, la méthode de l’intention paradoxale va permettre de soigner efficacement les phobies et les obsessions-compulsions. Elle a fait l’objet de nombreuses publications scientifiques internationales, elle a été utilisée par des thérapeutes cognitivo-comportementaux, et a également été reprise par l’école de thérapie systémique de Palo Alto sous le terme d’injonction paradoxale.

 

Article se trouvant sur le site www.lareponsedupsy.info


Redonner sens à la vie

 

Par Christian MERLE, Psychopraticien de la motivation et logothérapeute accrédité RDL©, professeur émérite de l'Université de Nantes

Mars 2012

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redonner sens à la vie C.Merle 03 2012.
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