Petite Taupe était triste.
Elle était couchée dans son terrier, tout au fond du petit salon souterrain, la tête entre les pattes.
« Petite Taupe, qu’est-ce qui ne va pas ? demanda Maman.
— Je ne sais pas, Maman ! renifla Petite Taupe. Mais je ne me sens pas bien. Je suis très triste.
— Je sais ce qui te manque ! Tu as besoin d’espoir ! ajoute sa Maman.
— L’espoir ? C’est quoi, l’espoir ? Où puis-je le trouver ? demanda Petite Taupe.
— Viens avec moi, dit Maman tout en serrant dans la sienne la petite patte de sa fille. Parfois, l’espoir se cache dans les ténèbres. D’autres fois, il est difficile à voir. Mais il est toujours là. Tu n’as qu’à le trouver !
Maman conduisit doucement sa petite fille du terrier sombre vers la lumière. Mais presque à la sortie du tunnel, Maman s’arrêta.
« Vois-tu cette forme suspendue, Petite Taupe ? demanda-t-elle. »
Maman désigna un bulbe écrasé sous la terre sombre. Il était brun, ridé et sans vie.
« Il est mort, Maman, dit, désolée, Petite Taupe.
— Non, ma chérie, murmura doucement Maman. Cette échalote n’est pas morte. Elle sentira bientôt la chaleur du soleil. Alors, elle grandira et se fraiera un chemin hors de la terre profonde et froide. Un jour, ce bulbe deviendra une belle jonquille jaune. Ferme les yeux, Petite Taupe. Peux-tu voir les jonquilles danser dans le vent ?
— Oui, Maman ! s’écria Petite Taupe. Je les vois ! Je les vois !
— C’est ça l’espoir ! dit Maman en souriant. »
Maman et Petite Taupe atteignirent le sommet du terrier, où le soleil brillait.
« Lève les yeux, Petite Taupe, demanda Maman. Que vois-tu ? »
Petite Taupe leva les yeux. Elle regarda la ligne des arbres. Mais les branches étaient nues. Elles s’étendaient comme les os d’un squelette, minces silhouettes s’élevant vers le ciel.
— Ils sont morts, Maman ! s’exclama tristement Petite Taupe.
— Non, ma chérie, murmura doucement Maman. Les arbres ne sont pas morts. Un jour, tu verras des bourgeons apparaître et leurs branches seront recouvertes de feuilles vert vif. Ferme encore les yeux, Petite Taupe. Peux-tu les voir danser dans le vent ?
— Oui, Maman ! s’écria Petite Taupe. Je les vois ! Je les vois !
— C’est ça l’espoir ! dit Maman, le cœur joyeux. »
Petite Taupe et sa Maman se précipitèrent le long de la lisière des bois jusqu’à ce qu’elles arrivent au jardin de Monsieur Lapin.
Un vieux pot de fleurs brun gisait sur le sol.
Sous le rebord, quelque chose de petit et ratatiné était suspendue.
« C’est mort, Maman, constata Petite Taupe.
— Non, ma chérie, murmura doucement Maman. Cette chrysalide n’est pas morte. Le papillon qui grandit à l’intérieur éclatera bientôt de sa coquille. Il déploiera ses ailes et volera librement parmi les fleurs. Ferme les yeux, Petite Taupe. Peux-tu le voir danser dans le vent ?
— Oui, Maman ! s’écria Petite Taupe. Je le vois ! Je le vois !
— C’est ça l’espoir ! dit encore Maman, les larmes aux yeux. »
Petite Taupe et sa Maman sont rentrées chez elles.
« Quelle belle journée j’ai passé aujourd’hui, Maman ! dit joyeusement Petite Taupe. Maintenant, je sais qu’il y a toujours de l’espoir, même dans les endroits les plus sombres ! »
Maman sourit en glissant Petite Taupe dans son lit.
Elle tira sa couette sous son menton et dit en l’embrassant :
— Bonne nuit, ma chérie !
Petite Taupe ferma les yeux et s’endormit rapidement, rêvant de jonquilles jaunes, d’arbres verts et de beaux papillons… dansant tous ensemble dans le vent.
Glenys Nellist
Little Mole Finds Hope
Minneapolis, beaming books, 2020
(Traduction et adaptation)

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