Messages :

 

"Annick,

T’écrire un hommage est une démarche facile tant mon admiration pour toi était grande et ma reconnaissance profonde.

Mais c’est en même tant un exercice périlleux tant il sera réducteur et pauvre par rapport à la personne mystérieuse et si belle que tu étais.

Tout le monde rêve un jour de côtoyer un grand homme. Je dis "homme" parce que ceux qui te connaissaient confirmeront qu’une "grande femme" n’était pas vraiment l’expression appropriée pour te qualifier !

Mais toi qui était si petite et au moins aussi pudique, tu avais cette capacité propre aux grands hommes à laisser une impression durable à tous ceux qui t’approchaient, alors même que justement ton humilité se manifestait par tant de discrétion. "Une présence à l’autre" voici ce que les gens ont le plus souvent retenu de toi, tes patients en dermato ou en logo ou les jeunes femmes que tu accompagnais dans leur cheminement spirituel, tes amies.

Nous avons perdu "un grand homme" au grand cœur, où pour tout le monde il y avait une petite place. Le jour de tes obsèques une amie m’a dit de toi : "tout le monde aurait eu quelque chose à dire d’Annick, mais uniquement dans le fond de son cœur, et dans l’individuel". Cette phrase a résonné en moi et c’est la raison pour laquelle j’ai mis tant de temps à écrire ces quelques lignes que je te dois bien, moi qui ai partagé tant d’heures avec toi.

Oh, ces heures n’étaient pas toujours roses, car tu pouvais t’emporter violemment, comme la vague imprévue contre la falaise, quand tu te sentais incomprise ou non respectée.

Introvertie, il nous fallait souvent décoder tes messages brefs et laconiques, sans chaleur, formant une barrière d’incompréhension pour beaucoup contrastant avec la chaleur de ton cœur…

Oui communiquer n’était pas ton fort, et beaucoup d’entre nous en ont fait les frais ! Je peux témoigner que jusqu’à ton dernier souffle tu as eu le souci de te faire bien comprendre pour ce que tu étais vraiment (même par les infirmières de soins palliatifs la veille de ta mort alors que tu ne disais plus que quelques mots épars).

Mais travailler avec toi a été un merveilleux cadeau : l’énergie que tu as mis à la création de notre cabinet en 2015 alors que tu te savais déjà bien malade, allant de l’avant et me proposant projet sur projet ; tu croyais en la personne, au meilleur de la personne, et c’est ce qui faisait ressortir les gens de ton bureau avec une nouvelle lumière. Oui, tu étais logothérapeute jusqu’au plus profond de ton être, faisant révéler à chacun ses ressources insoupçonnées, que ton intelligence visionnaire percevait de façon fulgurante.

De même que tu as cru en moi pour devenir ton associée, ceux et celles qui se sont confiés à toi ressortaient toujours avec une meilleure connaissance d’eux-mêmes. Du meilleur d’eux-mêmes.

A l’image de Frankl que tu admirais tant, chaque jour qu’il t’était donné de vivre, et spécialement ces derniers mois, tu l’as reçu comme un cadeau, cherchant toujours à aimer mieux à chaque seconde, à ta façon, toujours dans une grande liberté. Même très affaiblie, nous tes proches, avons pu constater les valeurs d’attitude que tu choisissais de vivre. Ton sourire dans ces heures de souffrance et ta confiance absolue dans la vie, nous ont édifiés.

Tu es partie trop tôt : ta carrière inachevée, tant tu avais encore de beaux projets (fonder un « institut méditerranéen d’analyse existentielle » par exemple), a laissé des traces ineffaçables et ton passage en tant que présidente de l’ALF a pesé d’un poids nouveau sur le présent de la logothérapie.

Tu nous as quitté après une longue maladie, un combat contre l’invincible, perdu d’avance, et que tu as affronté avec un courage et une force d’âme qui forçait l’admiration.

Il va falloir laisser couler les jours et les années afin d’apprendre à vivre sans toi.

Enfin il est l’heure de te dire un ultime "merci" : Cette décennie faite de nos vies mêlées si étroitement a engendré une fécondité chaque jour plus renouvelée pour moi."

Camille DE BARBUAT

 

 

"Pour moi Annick était une femme brillante et à la pensée foisonnante, totalement investie dans l’approfondissement et le développement de la logothérapie .

Je me souviens avoir été épaté par sa volonté farouche de venir présenter un cas lors de notre journée d’études à Paris, et par sa présence tonique malgré l’avancée de sa maladie.

Elle était d’une très grande discrétion, mais pouvait se confier brièvement et ensuite s’échapper rapidement comme si elle en avait trop dit.

Je tiens à la remercier vivement pour son engagement en faveur de la logothérapie et de notre association."

Emmanuel BOMPY

 

"Bonjour à toutes,

Bonjour à tous,

Je vous salue depuis Port-au-Prince.

Je présente mes sincères condoléances à la famille d'Annick et à tous les logothérapeutes francophones."

Professeur Hérold TOUSSAINT de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH)

 

 

"Je suis en deuil d’Annick Boutin, d’une grande dame, une grande âme. J’ai adoré travailler avec elle au sein du CA de l’ALF, enrichie que j’étais par son intelligence et sa vision pour l’association. J’aimais et admirais son honnêteté et sa rigueur, et j’ai volontiers pallié parfois, comme d’autres, à ses difficultés de communication, dont elle plaisantait et pour lesquelles elle savait déléguer. J’étais très sensible à son humour, qui m’a souvent surprise, et séduite, et je garde le joyeux souvenir d’un fou rire partagé après un simple échange de regard pendant une réunion. Je suis en deuil d’une femme unique, que je remercie pour ce qu’elle m’a apporté et ce qu’elle a apporté à la logothérapie et spécifiquement à notre association."

Nathalie HABERMAN-DUCROQUET

 

"Nous nous sommes revus à l'occasion de la journée d'étude du 27 septembre à laquelle elle tenait à participer; elle avait d'ailleurs présenté une étude de cas très finement analysée, comme elle le faisait toujours en pareille occasion. Elle m'avait confié l'avancée de sa maladie et je lui avais fait part de mon étonnement en la voyant très peu affaiblie et avec un visage si serein.

Je me souviens évidemment de notre parcours commun lors de la formation à la logothérapie, de notre voyage à Stuttgart chez Anna-Maria. Elle avait également participé à l'organisation de plusieurs rencontres logothérapeutiques à Marseille, toujours motivée par son son sens de l'accueil et la volonté de mieux diffuser cette thérapie. Je retiens d'elle, outre évidemment une relation amicale, son sens de la discrétion et sa capacité à approfondir tous les sujets que nous abordions lors des interminables journées de travail à Chassignolles. Avec quelques uns, elle faisait partie de la première promotion formée à la logothérapie et nous avions tous ensemble créé l'ALF au cours d'une mémorable après midi de septembre à Chassignolles. Elle restera pour moi une incontournable référence sur mon parcours de logothérapeute.

Je reste en communion d'esprit avec tous ceux qui lui rendent hommage.

Amitiés"

Christian MERLE

 

"Un immense merci à Annick pour tout ce qu'elle nous a apporté. L'exemple de sa vie, l'exemple de son attitude face à la maladie, l'exemple de sa mort. Elle a su trouver du sens à tout.

Ensemble sur les bancs de l'école à l'Auberge de Chassignolles, puis à la Mairie, dans la grange d'Anna-Maria, ensemble à la naissance et aux débuts enthousiastes de l'ALF : tous ces bons souvenirs et bien d'autres sont inséparables du visage d'Annick. Elle m'impressionnait par sa vivacité d'esprit et sa personnalité, je lui vouais alors et lui voue plus encore aujourd'hui une grande admiration. Elle sera toujours présente dans mon coeur et dans mon esprit.

Une vraie logothérapeute, par ses paroles et par son attitude qui restera un modèle et une étoile dans le ciel de la logothérapie."

Martine Salleron

 

"J'ai appris la triste nouvelle par Anna Maria Stegmaier. Je vous remercie, si vous le pouvez, de faire part à la famille d'Annick Boutin de mes plus sincères condoléances. Je garderai d'elle le souvenir d'une femme très discrète qui a œuvré comme pionnière de la logothérapie en France."
Pascal LE VAOU

 

"Chers Logothérapeutes, Chers tous,

Nous avons le regret de vous annoncer le décès du Dr Annick Boutin, médecin dermatologue et logothérapeute à Marseille.

Le Dr Boutin appartient à la première promotion de logothérapeutes formés en France par le Réseau de Logothérapie RdL comme le souhaitait Viktor Frankl.

Elle a enseigné la logothérapie et l’analyse existentielle au sein du Réseau à de nombreux élèves de manière très attrayante en raison de sa riche expérience professionnelle et de son sens de l’humour. Elle appartenait à l’ALF (Association des Logothérapeutes Francophones) dont elle a assuré la présidence de 2014 à 2017. Aussi a-t-elle contribué de manière singulière au développement de la logothérapie et de l’analyse existentielle en France et au-delà, dans les pays francophones.

Nous adressons à sa famille nos sincères condoléances ainsi que nos vifs remerciements pour ce qu’elle a réalisé au profit de ses patients mais aussi des logothérapeutes en formation."

Danièle BLANC

 

 

"Il y a quinze ans, Annick Boutin faisait partie de la première promotion de Logothérapeutes francophones. Son humour, son énergie étonnante et sa profondeur étaient appréciés par tous. Elle a été le premier médecin à ouvrir un cabinet de Logothérapie à Marseille. En tant que conférencière et superviseur, elle a transmis généreusement ses connaissances de la Logothérapie et de l'Analyse existentielle. Cette amie et pionnière de la Logothérapie francophone nous manquera beaucoup."

Au nom du Réseau de Logothérapie - France et Pays Francophones :

Anna-Maria STEGMAIER

 

"Toutes nos pensées à sa famille et ses proches."

Benoît BAYLE